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ECONOMIE

Les engagements de 5 acteurs de la grande distribution pour aider les agriculteurs en difficulté

Lors du Salon de l'agriculture le 26 février dernier, une conférence de presse "Trois actions pour soutenir les agriculteurs français" a eu lieu, animée par Karine Le Marchand. Elle a réuni les principales enseignes de GMS pour finalement en réunir 5 autour de son projet : Auchan, Carrefour, Casino, Coopérative U et Intermarché. Démarrage annoncé de leurs actions au 1er mars 2025.

Karine Le Marchand a rappelé que la grande distribution représente 45 % des débouchés des produits agricoles français. " Je suis convaincue qu’avec des actions simples, en collaborant avec la distribution, il est possible d’aider concrètement les agriculteurs en difficulté ". "Nos politiques ne font rien, ou en tout cas pas grand chose pour aider nos agriculteurs alors à nous de saisir les opportunités ! " Cette dernière a alors pris contact avec les principales enseignes de GMS pour finalement en réunir 5 autour de son projet : Auchan, Carrefour, Casino, Coopérative U et Intermarché. Démarrage annoncé de leurs actions au 1er mars 2025.

Vente directe via les GMS

Le premier pilier, intitulé « L’amour est tout près » vise les agriculteurs en circuits courts qui font face à des difficultés financières.

Dominique Schelcher, président-directeur général de coopérative U explique : « On va leur ouvrir nos portes pour écouler leurs produits en magasins sans intermédiaire et avec un prix qu’ils fixeront eux-mêmes. Nous mettrons ces produits en avant avec une signalétique spécifique qui servira de repère aux consommateurs. »

 

20 000 points de vente s'ouvrent aux producteurs parmi les enseignes Auchan, Casino, Carrefour, Coopérative U et Intermarché.

Quelques infos pour les conditions d'accès pour les producteurs :

  • Pas d'accord de distribution avec une plateforme de distribution préalablement à cette démarche
  • Employer au maximum 2 ETP
  • Être situé à moins de 100 km d'un point de vente
  • Accepter de faire des animations en magasins et/ou d'ouvrir son exploitation aux consommateurs


Philippe Palazzi, directeur général du groupe Casino invitent les agriculteurs à pousser la porte des GMS : « Ce n'est pas facile d'avouer qu'on est en difficulté mais osez nous contacter ! » 

 

Surproductions saisonnières

Le second pilier concerne davantage les producteurs de fruits et légumes, régulièrement confrontés aux crises de surproduction saisonnières. Alexandre Bompard, président directeur général du groupe Carrefour détaille : « Quand l’offre augmente fortement, plus que la demande, le prix baisse pour les producteurs et en magasin on se retrouve avec du gaspillage. L’idée avec cette action, c’est de mieux informer les consommateurs de ce qui se passe lorsqu’une alerte de crise pointe et d’inviter les médias à communiquer sur cette alerte pour favoriser les achats sur les produits concernés. »

Observatoire pour les filières d'avenir

À l’image des contrats d’avenir initiés par les Jeunes agriculteurs (objectif pérenniser les filières agricoles), le troisième pilier consiste à développer un observatoire des filières. La source première de cet outil sera les ventes en GMS : l’idée est d’identifier à partir des demandes des consommateurs quels sont les produits les plus demandés (et donc quelles sont les filières à développer ou consolider). Guillaume Darrasse, président directeur général d’Auchan présente : « La demande des consommateurs évolue et les productions agricoles aussi. Autant qu’elles soient en phase… L’objectif est d’anticiper les besoins du marché pour y répondre en sécurisant les partenariats avec les producteurs au travers de contrats sur 3 à 5 ans. » Cet outil sera développé et utilisé en collaboration avec les interprofessions ainsi que les Chambres d’agriculture qui pourront proposer un accompagnement des producteurs dans leur transition.

Un premier bilan en 2026

« Dans un an, au Sia 2026, on fera le bilan de cet outil, affirme Karine Le Marchand. On devrait être en mesure de dresser des premières conclusions avec des tonnages précis sur les filières identifiées. » Plus globalement, ce sera l’occasion de mesurer les résultats des deux autres actions. D’ailleurs, l’animatrice confiait qu’un 4e pilier était envisagé lors des premières discussions : il concernait les industriels et l’utilisation de produits français. « Malheureusement, nous avons dû abandonner cette idée car le leader de la distribution [Leclerc, NDLR] était absent de nos discussions. » Pour autant, l’initiative reste ouverte et les parties prenantes accueilleront volontiers d’autres acteurs de la grande distribution.

 

 

Source : web-agri.fr

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