ECONOMIE

Agritourisme : et si votre exploitation devenait une destination ?

Vous avez des bâtiments sous-utilisés, un cadre de vie enviable, un savoir-faire unique. Et si vous les mettiez au service d'une activité complémentaire, capable de générer des revenus réguliers tout en donnant un nouveau souffle à votre exploitation ?

L'agritourisme, gîtes, chambres d'hôtes, visites de ferme, ateliers de dégustation, vente directe, n'est plus une niche réservée à quelques pionniers. C'est aujourd'hui un levier de diversification reconnu, soutenu par les pouvoirs publics, et particulièrement bien positionné sur nos territoires de Haute-Garonne, Gers, Ariège et Hautes-Pyrénées.

A RETENIR

  • Une demande massive et locale : 84 % des voyageurs veulent séjourner à la ferme, et l'Occitanie est la région française la plus agritouristique. Le terrain de jeu est chez vous.
  • Un vrai levier de revenu :En Occitanie, l'agritourisme représente plus d'un cinquième du CA pour 60 % des agriculteurs qui le pratiquent, avec une hausse de revenu global estimée entre 20 et 40 %.

Concrètement, qu'est-ce que l'agritourisme ?

Les activités proposées sont variées : visites de fermes et dégustations de produits locaux, gîtes et chambres d'hôtes, environ 10 000 exploitations en France, ateliers de fabrication (fromage, pain, miel), apiculture, distillation ou encore permaculture.

Certaines productions s'y prêtent mieux que d'autres. L'élevage extensif, la production fruitière, la polyculture et bien sûr la vigne (avec l'œnotourisme) sont les plus concernés. Les grandes cultures céréalières ou l'élevage intensif le sont moins.

En moyenne, les agriculteurs qui se lancent dans l'agrotourisme constatent une augmentation de 20 à 40 % de leur revenu global.

Un marché qui ne faiblit pas

La demande des vacanciers pour des expériences authentiques à la ferme est en forte croissance. Selon le rapport Unpack '26 de Vrbo et Expedia, 84 % des voyageurs souhaiteraient séjourner dans une ferme ou à proximité, et les mentions d'expériences agricoles dans les avis de voyageurs ont bondi de 300 % en un an.

Le secteur croît de 6 à 8 % par an, et la France compte entre 15 000 et 20 000 exploitations qui ouvrent aujourd'hui leurs portes aux visiteurs.

Dans un monde où tout s'accélère, les vacanciers sont davantage à la recherche d'authenticité, de lien avec la nature et de détente. L'ère du slow tourisme est bien là. Une tendance qui colle parfaitement avec ce que nos territoires ruraux ont naturellement à offrir.

En Occitanie, votre région est aux premières loges

En tête des régions les plus dynamiques en agritourisme, les plus nombreuses en offre d'accueil diversifiée, figurent l'Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine et l'Auvergne.

Et les chiffres locaux sont parlants : en Occitanie, l'agritourisme représente plus d'un cinquième du chiffre d'affaires pour 60 % des agriculteurs qui le pratiquent. Pour 75 % d'entre eux, c'est avant tout un complément de revenu, et pour 50 %, cette activité leur permet de maintenir du lien social.

Avec plus de 60 000 exploitations agricoles et 3 millions d'hectares, l'Occitanie est la première région agricole de France, et elle dispose d'une offre d'accueil à la ferme déjà structurée, avec des labels reconnus (Bienvenue à la Ferme, Accueil Paysan, Vignobles & Découvertes,…) et un accompagnement régional actif.

Un cadre en train d'évoluer favorablement

L'État prend la mesure du potentiel du secteur. Un rapport parlementaire remis en mai 2026 aux ministres de l'Agriculture et du Tourisme pointe la nécessité de structurer la filière, aujourd'hui morcelée, pour lever les freins concrets que rencontrent les agriculteurs : lisibilité, professionnalisation et capacité à changer d'échelle. Une proposition de loi est en préparation.

Sur le plan des aides, la Région Occitanie est déjà mobilisée. En 2026, le Dispositif Unique régional (financé par le FEADER et la Région) inclut explicitement les projets d'agritourisme parmi les investissements éligibles, avec deux fenêtres de dépôt sur l'année.

Les points de vigilance avant de se lancer

Se lancer dans l'agritourisme ne s'improvise pas. Quelques questions clés méritent d'être posées en amont :

  • Urbanisme : votre bâti existant est-il éligible à un changement de destination ? Le PLU de votre commune autorise-t-il les constructions ou aménagements liés à l'accueil ?
  • Fiscalité : les revenus agritouristiques peuvent relever des BA, des BIC, ou des deux selon leur nature et leur volume. Les budgets d'aménagement (transformer une grange, créer un espace d'accueil conforme) se situent souvent entre 20 000 et 50 000 euros, ce qui impose de bien chiffrer le retour sur investissement. 
  • Charge de travail : accueillir du public nécessite disponibilité et organisation, deux ressources parfois rares en période agricole chargée.
  • Statut social : le dépassement de certains seuils de revenus non agricoles peut modifier votre affiliation MSA.

Cerfrance GO à vos côtés pour évaluer votre projet

Avant de poser la première pancarte ou de publier votre première annonce sur Gîtes de France, une étude de faisabilité économique s'impose : projection de revenus, seuils fiscaux à ne pas dépasser, optimisation du statut, montage du dossier de subvention…

Nos conseillers Cerfrance GO accompagnent les exploitants agricoles de Haute-Garonne, du Gers, de l'Ariège et des Hautes-Pyrénées dans leurs projets de diversification. Contactez votre agence pour en discuter lors d'un premier rendez-vous.

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