CDD de reconversion : un nouveau levier pour sécuriser les parcours
Publié le 25.02.2026
Instauré par la loi du 24 octobre 2025, ce nouveau motif de CDD est désormais intégré au Code du travail (article L1242-3).
Son objectif : permettre à un salarié d’acquérir de nouvelles compétences ou de changer de métier tout en conservant un filet de sécurité. L’idée est simple : favoriser la mobilité professionnelle et le maintien dans l’emploi sans rupture brutale du contrat initial.
Ce dispositif s’adresse notamment aux salariés seniors ou aux profils dont le poste est amené à évoluer, mais il est ouvert à tous.
Le principe : se reconvertir sans perdre son emploi
Le salarié peut signer un CDD avec une entreprise d’accueil pour apprendre un nouveau métier. Pendant cette période, son contrat de travail initial n’est pas rompu : il est simplement suspendu.
Concrètement, cela signifie que :
- le salarié acquiert de nouvelles compétences, souvent avec l’appui d’un tuteur
- il conserve la possibilité de revenir dans son entreprise d’origine
- l’employeur limite le risque de départ définitif
- la reconversion peut être testée avant une décision finale
C’est une solution « gagnant-gagnant » pour tester une évolution professionnelle sans prise de risque excessive.
Un dispositif qui implique trois acteurs
Le CDD de reconversion repose sur la coopération de :
- l’entreprise d’origine
- l’entreprise d’accueil
- le salarié
Il est accessible à tous les salariés, qu’ils soient en CDI ou déjà en CDD, sans condition d’âge ni de qualification.
Durée du contrat
- Durée minimale : 6 mois
- Durée maximale : 12 mois
- Possibilité d’extension jusqu’à 36 mois dans certains cas (notamment via un accord collectif ou pour l’acquisition d’un socle de compétences)
Reconversion interne ou externe : deux modalités possibles
Reconversion externe
Le salarié part temporairement dans une autre entreprise.
- Le contrat initial est suspendu
- Un accord écrit est obligatoire
- Les droits sociaux sont maintenus (accidents du travail, maladies professionnelles, droits liés au CDD)
Reconversion interne
Le salarié change de poste au sein de son entreprise.
- Le contrat de travail est maintenu
- La rémunération reste identique
- Le salarié développe de nouvelles compétences sans quitter l’entreprise
Que se passe-t-il à l’issue de la période d’essai ?
Deux situations peuvent se présenter.
1️⃣ La reconversion ne se poursuit pas
Le CDD prend fin et le salarié réintègre son entreprise d’origine :
-
à son poste initial ou à un poste équivalent
-
avec une rémunération au moins équivalente
2️⃣ La reconversion est concluante
Le CDD continue et le contrat initial est rompu d’un commun accord entre le salarié et son premier employeur.
Comment la reconversion est-elle financée ?
Le dispositif est principalement financé par les Opco (opérateurs de compétences), avec un éventuel complément du Compte personnel de formation.
- Reconversion interne : mobilisation du CPF limitée à 50 % des droits
- Reconversion externe : utilisation du CPF sans plafond
Ce que cela change pour les chefs d’entreprise
Le CDD de reconversion constitue un nouvel outil de gestion des compétences :
✔️ accompagner l’évolution professionnelle des salariés
✔️ fidéliser des collaborateurs expérimentés
✔️ anticiper les transformations des métiers
✔️ sécuriser les mobilités sans rupture brutale
✔️ répondre aux tensions de recrutement
Bien utilisé, ce dispositif peut devenir un levier stratégique pour adapter votre organisation aux mutations économiques.
Si vous envisagez une évolution de poste, une reconversion interne ou une mobilité d’un salarié, il est recommandé d’analyser précisément les conditions juridiques et les impacts sociaux avant de mettre en place ce contrat. Notre service social peut vous accompagner pour sécuriser la démarche et en tirer pleinement parti.