AIDES & SUBVENTIONS

Dégradations des 17 et 18 octobre 2026 : quelles aides pour les entreprises touchées ?

À la suite aux dégradations des 17 et 18 octobre 2026, de nombreuses entreprises ont subi des dégradations entraînant des interruptions d'activité et des difficultés de trésorerie. Pour accompagner les professionnels touchés, le Gouvernement a annoncé plusieurs mesures exceptionnelles de soutien aux entreprises : activité partielle renforcée, report de cotisations sociales et aides financières.

Quelles entreprises peuvent en bénéficier ? Quelles démarches effectuer et quels délais respecter ? Voici les principales mesures à connaître.

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À retenir

  • Activité partielle possible en cas de dommages matériels directs ou de décision administrative (arrêté préfectoral). Une fermeture volontaire n’ouvre pas ce droit.
  • Prise en charge intégrale par l’État pour les entreprises de moins de 250 salariés, sur dépôt de plainte et autorisation liée aux dégradations.
  • Salariés indemnisés à 60 % de leur rémunération brute, versés à la date de paie habituelle.
  • Demande à déposer sous 30 jours après le placement en activité partielle.
  • Cotisations patronales reportables jusqu’à 12 mois, avec remise des pénalités. C’est un report, pas une exonération.
  • Pas de cumul avec l’assurance perte d’exploitation pour les mêmes heures chômées.

Activité partielle : un dispositif pour préserver les emplois

Les entreprises contraintes de réduire ou de suspendre temporairement leur activité à la suite des violences peuvent, sous certaines conditions, recourir à l'activité partielle.

Ce dispositif permet de maintenir les salariés dans l'entreprise tout en compensant une partie de leur perte de rémunération.

Quelles entreprises peuvent bénéficier de l'activité partielle ?

Deux situations principales peuvent justifier le recours au dispositif :

  • Les entreprises ayant subi des dommages matériels directs : locaux dégradés, vitrines brisées, équipements endommagés ou stocks détruits, empêchant totalement ou partiellement la poursuite de l'activité.
  • Les entreprises concernées par une décision administrative : notamment un arrêté préfectoral imposant une fermeture ou une restriction d'activité.

Dans tous les cas, l'employeur doit pouvoir démontrer les conséquences concrètes des événements sur son activité.

Attention : une fermeture décidée volontairement, sans dommage ni mesure contraignante, ne permet pas à elle seule de bénéficier de l'activité partielle.

Une prise en charge exceptionnelle pour les entreprises de moins de 250 salariés

Pour soutenir les entreprises sinistrées, le Gouvernement prévoit une prise en charge intégrale de l'indemnité réglementaire d'activité partielle par l'État, sans reste à charge pour les employeurs éligibles.

Cette aide concerne les entreprises qui remplissent les conditions suivantes :

  • Employer moins de 250 salariés, effectif apprécié au niveau de l'entreprise (SIREN).
  • Disposer d'une autorisation d'activité partielle liée aux dégradations subies les 17 et 18 octobre 2026.
  • Justifier d'un dépôt de plainte et, le cas échéant, d'une déclaration de sinistre auprès de leur assureur.

La prise en charge exceptionnelle s'applique aux heures chômées entre le 17 octobre 2026 et le 31 janvier 2027.

Il est important de distinguer l'accès à l'activité partielle de l'éligibilité à cette aide renforcée. Une entreprise contrainte de fermer par décision administrative, mais n'ayant subi aucune dégradation, ne bénéficie pas automatiquement de la prise en charge intégrale.

Quelle indemnisation pour les salariés placés en activité partielle ?

Pendant les heures non travaillées, le contrat de travail du salarié est suspendu.

L'employeur lui verse une indemnité correspondant à 60 % de sa rémunération horaire brute, dans la limite de 4,5 fois le Smic horaire.

En métropole, cette indemnité ne peut être inférieure à 9,74 € par heure chômée, sauf dispositions particulières, notamment pour certains salariés en alternance.

L'indemnisation est versée à la date habituelle de paie.

Les salariés en contrat d'apprentissage ou de professionnalisation peuvent également bénéficier de l'activité partielle, selon les conditions applicables à leur contrat.

Activité partielle : quelles démarches effectuer ?

Pour bénéficier du dispositif, l'employeur doit déposer une demande d'autorisation auprès de l'administration, via la plateforme officielle dédiée à l'activité partielle.

Plusieurs délais doivent être respectés :

DémarcheDélai à respecter
Demande d'autorisation pour sinistreDans les 30 jours suivant le placement en activité partielle
Avis du CSE pour les entreprises d'au moins 50 salariésPossibilité de transmission dans les 2 mois suivant la demande en cas de sinistre
Décision de l'administrationDans les 15 jours suivant la réception de la demande
Demande de paiement de l'allocationEn principe, dans les 6 mois suivant la fin de la période autorisée

L'autorisation d'activité partielle pour sinistre peut être accordée pour une durée maximale de six mois. Cette durée ne doit toutefois pas être confondue avec la période de prise en charge exceptionnelle annoncée par l'État.

Notre conseil : rassemblez rapidement les justificatifs nécessaires : photographies des dégradations, dépôt de plainte, déclaration de sinistre et éléments démontrant les conséquences sur votre activité.

Quelles autres aides financières pour les entreprises sinistrées ?

Un report des cotisations sociales patronales jusqu'à 12 mois

Les entreprises dont l'activité a été directement affectée peuvent bénéficier d'un report pouvant aller jusqu'à 12 mois pour le paiement des cotisations sociales patronales dues au titre des trois mois à venir.

Les pénalités et majorations de retard liées aux échéances reportées pourront également être remises.

Attention : il s'agit d'un report de paiement et non d'une exonération. Les cotisations resteront dues à l'issue du délai accordé.

Des facilités fiscales pour préserver la trésorerie

Les entreprises directement touchées peuvent également solliciter leur service des impôts afin d'obtenir des aménagements adaptés à leur situation.

Ces mesures peuvent notamment prendre la forme de délais supplémentaires de déclaration ou de paiement et de remises de pénalités.

L'administration fiscale prévoit également d'accélérer certains remboursements de créances fiscales pour les entreprises concernées.

Des aides financières pour faciliter la reprise d'activité

Le Gouvernement a également annoncé plusieurs dispositifs complémentaires :

  • Un prêt à taux zéro pouvant atteindre 50 000 €, proposé par Bpifrance sur une durée de trois ans.
  • Un fonds de soutien spécifique destiné aux entreprises de moins de 50 salariés ayant subi des dommages importants et une perte d'activité.
  • Une aide d'urgence pouvant atteindre 1 500 €, mobilisable auprès des Chambres de métiers et de l'artisanat, selon les conditions du fonds de solidarité.

Les modalités précises d'accès à certains de ces dispositifs restent à préciser.

Assurance : attention au cumul des indemnisations

Les entreprises disposant d'une assurance perte d'exploitation doivent être particulièrement vigilantes.

Lorsqu'un assureur prend en charge les salaires correspondant aux heures chômées, l'employeur ne peut pas conserver simultanément les allocations d'activité partielle perçues pour ces mêmes heures.

Si une indemnisation est versée par l'assureur, les allocations correspondantes devront être remboursées à l'État.

Par ailleurs, les assureurs ont annoncé plusieurs mesures exceptionnelles pour faciliter l'indemnisation des sinistres, notamment un délai de déclaration porté à 30 jours et un traitement prioritaire des situations les plus sensibles.

Entreprises touchées : faites-vous accompagner dans vos démarches

Entre la gestion des salariés, les déclarations auprès des organismes sociaux, les échanges avec les assureurs et les demandes d'aides financières, les démarches peuvent rapidement devenir complexes.

Les équipes Cerfrance Gascogne Occitane accompagnent les dirigeants dans la gestion sociale et économique de leur entreprise. Nos experts peuvent vous aider à analyser votre situation, identifier les dispositifs mobilisables et anticiper leurs conséquences sur votre trésorerie.

Vous êtes concerné par ces événements ? Contactez un conseiller Cerfrance GO pour faire le point sur votre situation.

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