Loi de finances 2026 : ce qui change pour les particuliers
Adoptée définitivement le 2 février 2026, la loi de finances pour 2026 introduit plusieurs mesures fiscales importantes pour les particuliers. Au programme : revalorisation du barème de l'impôt sur le revenu, hausse des prélèvements sociaux sur certains revenus du patrimoine, nouvelles règles sur les dons, pérennisation de la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR), création du statut du bailleur privé et prolongation du doublement du déficit foncier pour travaux énergétiques. Voici un décryptage complet, mesure par mesure.
Publié le 26.03.2026
Barème de l'impôt sur le revenu 2025 : des seuils revalorisés
Le principe de la revalorisation annuelle
Chaque année, les tranches du barème de l'impôt sur le revenu sont revalorisées pour tenir compte de l'inflation. Pour vos revenus 2025 déclarés au printemps 2026, les seuils ont été légèrement relevés. Concrètement, à revenu constant, votre impôt sera un peu plus faible qu'en 2024 : vous commencez à payer de l'impôt un peu plus tard.
Les nouvelles tranches 2025 en détail
Le tableau ci-dessous récapitule les seuils applicables à vos revenus 2025 pour une personne seule (1 part) et un couple soumis à imposition commune (2 parts) :
| Taux | 1 part (personne seule) | 2 parts (couple) | Seuils 2024 (réf.) |
|---|---|---|---|
| 0 % | Jusqu'à 11 497 € | Jusqu'à 22 994 € | Jusqu'à 23 200 € |
| 11 % | De 11 497 € à 29 579 € | De 22 994 € à 59 158 € | De 23 200 € à 59 158 € |
| 30 % | De 29 579 € à 84 577 € | De 59 158 € à 169 154 € | De 59 158 € à 169 154 € |
| 41 % | De 84 577 € à 181 917 € | De 169 154 € à 363 834 € | De 169 154 € à 363 834 € |
| 45 % | Au-delà de 181 917 € | Au-delà de 363 834 € | Au-delà de 363 834 € |
À noter : la flat tax (Prélèvement Forfaitaire Unique) reste fixée à 30 % soit 12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux pour les revenus du capital.
Un impact modeste mais réel
Cette revalorisation est automatique : vous n'avez rien à faire. Son effet concret dépend de votre niveau de revenu et de votre situation familiale. Pour les foyers à revenus modestes ou intermédiaires, l'économie se chiffre généralement de quelques dizaines à quelques centaines d'euros. En revanche, si vos revenus ont progressé en 2025 (augmentation, prime, bonne récolte…), votre impôt peut augmenter malgré ce coup de pouce.
Le conseil Cerfrance : Profitez de la période de déclaration pour vérifier vos taux de prélèvement à la source et les ajuster si votre situation a évolué en 2025 (mariage, naissance, variation de revenus, etc.). Votre conseiller Cerfrance peut simuler une modulation de vos acomptes provisionnels pour optimiser votre trésorerie.
Hausse des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine : 18,6 % dès le 1er janvier 2026
Qu'est-ce que les prélèvements sociaux ?
Les prélèvements sociaux (PS) sont des contributions prélevées sur les revenus du patrimoine : dividendes versés par votre société, intérêts de comptes courants d'associé, produits de placements financiers… Ils s'ajoutent à l'impôt sur le revenu et représentent une part significative de la fiscalité sur les revenus du capital.
Ce qui change au 1er janvier 2026
Le taux des prélèvements sociaux passe à 18,6 % (contre 17,2 % auparavant) pour les revenus dont les prélèvements sont collectés directement via le formulaire 2777 et non par la déclaration annuelle de revenus. Ce mécanisme dit de « prélèvement opéré sur déclaration n° 2777 » concerne spécifiquement :
• Les dividendes distribués par des sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés (IS), à compter du 1er janvier 2026
• Les intérêts de comptes courants d'associé payés par des sociétés (IR ou IS) à partir de cette date
• D'autres revenus de placements versés par des établissements bancaires ou organismes financiers
Quelle différence avec la flat tax ?
Si vous êtes soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), son taux global reste à 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de PS). La hausse à 18,6 % ne concerne que les situations couvertes par la déclaration 2777 elle ne modifie pas le taux de la flat tax.
Un exemple chiffré
Vous percevez 10 000 € de dividendes via une société à l'IS. Avant 2026, les prélèvements sociaux représentaient 1 720 €. À partir de 2026, ils s'élèvent à 1 860 €, soit 140 € supplémentaires sur ce seul poste.
Le conseil Cerfrance : Si votre société distribue des dividendes ou rémunère des comptes courants, rapprochez-vous de votre conseiller Cerfrance pour évaluer l'impact de cette hausse et ajuster si nécessaire votre politique de rémunération (salaire vs dividendes vs compte courant).
Option barème progressif pour les revenus mobiliers (case 2OP) : un droit à l'erreur bienvenu
Rappel : l'option pour le barème progressif
Les revenus de capitaux mobiliers (dividendes, intérêts…) sont en principe soumis à la flat tax (30 %). Mais les contribuables peuvent opter pour le barème progressif de l'IR si cela leur est plus favorable par exemple lorsque leur taux moyen d'imposition est inférieur à 30 %. Cette option se matérialise par le cochage de la case 2OP lors de la déclaration de revenus. Elle est globale (elle s'applique à l'ensemble des revenus mobiliers) et annuelle (à réexercer chaque année).
La nouveauté : une option désormais réversible
Jusqu'à présent, cette option était irrévocable pour l'année concernée. À compter de l'imposition des revenus 2025, elle perd ce caractère définitif. Concrètement, si vous avez exercé l'option et réalisez ensuite qu'elle vous est défavorable, vous pourrez y renoncer même après le dépôt de votre déclaration. C'est un filet de sécurité précieux pour les contribuables dont les revenus fluctuent d'une année à l'autre.
Attention à la pré-saisie automatique
Si vous avez coché la case 2OP l'an dernier, votre déclaration 2025 la pré-cochera automatiquement. Si vous ne souhaitez pas reconduire l'option, pensez à la décocher explicitement avant de valider. Ne pas y prêter attention pourrait conduire à une imposition moins favorable.
Le conseil Cerfrance : Cette option est avantageuse si votre taux marginal d'imposition est inférieur à 30 %. Si vos revenus sont variables, cela peut évoluer d'une année à l'autre. Votre conseiller Cerfrance peut simuler les deux options avant le dépôt de votre déclaration pour identifier la plus favorable.
Dons et réductions d'impôt : des plafonds relevés et de nouveaux avantages
Un dispositif renforcé par les lois de finances 2025 et 2026
Les dons effectués au profit de certains organismes ouvrent droit à une réduction d'impôt significative. La loi de finances 2025 (entrée en vigueur le 14 octobre 2025) et la loi de finances 2026 ont enrichi et prolongé ce dispositif sur plusieurs points.
Associations humanitaires : un plafond doublé à 2 000 €
Les dons versés aux organismes sans but lucratif qui fournissent des repas, des soins gratuits, une aide au logement à des personnes en difficulté, ou qui accompagnent les victimes de violences domestiques, ouvrent droit à une réduction d'impôt de 75 % des versements. Le plafond est désormais porté à 2 000 € (contre 1 000 € auparavant) pour les dons effectués depuis le 14 octobre 2025.
Patrimoine et monuments historiques
Les dons destinés à financer des travaux de restauration du Château de Chambord, réalisés via des fondations reconnues d'utilité publique entre le 1er janvier et le 31 décembre 2026, bénéficient du taux de 75 % dans la limite de 1 000 €. Au-delà, le surplus bascule dans la réduction classique à 66 %, dans la limite de 20 % du revenu imposable.
Investir dans des PME : la réduction Madelin reconduite jusqu'en 2028
Les investissements en numéraire au capital de PME non cotées ouvrent droit à la réduction Madelin, applicable jusqu'au 31 décembre 2028. Les taux varient selon la nature de l'entreprise :
| Type d'investissement (PME non cotée) | Plafond de versement (célibataire / couple) | Taux réduction d'impôt |
| PME de droit commun | 75 000 € / 150 000 € | 25 % |
| PME JEI, JEU ou JEC | 75 000 € / 150 000 € | 30 % |
| PME JEI/JEU — dont ≥ 30 % dépenses R&D | 50 000 € / 100 000 € | 50 % |
Le conseil Cerfrance : Avant de faire un don important, vérifiez que l'organisme bénéficiaire entre dans les catégories éligibles et que le montant est en phase avec votre capacité fiscale. L'équipe Cerfrance peut vous aider à combiner différents dispositifs pour maximiser votre réduction d'impôt totale.
CDHR : la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus est pérennisée
Rappel : la CEHR, déjà en place
La Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR) est un mécanisme existant qui s'applique selon un barème progressif sur le revenu fiscal de référence :
| Fraction du revenu fiscal de référence | Personne seule | Couple (imposition commune) |
| Jusqu'à 250 000 € | 0 % | 0 % |
| De 250 001 € à 500 000 € | 3 % | 0 % |
| De 500 001 € à 1 000 000 € | 4 % | 3 % |
| Au-delà de 1 000 000 € | 4 % | 4 % |
La CDHR : une nouvelle couche de contribution
La Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) a été créée pour les revenus 2025. Elle vient s'ajouter à la CEHR pour les contribuables dont le taux effectif d'imposition resterait inférieur à 20 % malgré la CEHR. La loi de finances 2026 la pérennise jusqu'au retour du déficit public sous la barre des 3 % du PIB.
Qui est concerné ?
Deux conditions cumulatives doivent être réunies :
Le revenu fiscal de référence « retraité » dépasse 250 000 € pour une personne seule, ou 500 000 € pour un couple
ET le taux moyen effectif d'imposition (IR + CEHR) est inférieur à 20 % de ce même revenu
Comment est-elle calculée ?
La CDHR est égale à la différence entre 20 % du revenu fiscal de référence retraité et la somme de l'IR, de la CEHR et des prélèvements libératoires effectivement payés, augmentée d'une majoration forfaitaire selon la composition du foyer fiscal.
Le traitement des revenus exceptionnels
Pour éviter un effet de seuil pénalisant lors d'une année exceptionnelle (cession d'actifs, plus-value importante, transmission…), un mécanisme de lissage existe : les revenus exceptionnels définis comme non récurrents par nature et dépassant la moyenne des 3 dernières années ne sont retenus que pour un quart de leur montant dans le calcul du revenu fiscal de référence retraité.
L'acompte de décembre : une obligation à anticiper
Un acompte de 95 % du montant estimé de la CDHR doit être versé entre le 1er et le 15 décembre de chaque année. Ce décaissement de fin d'année doit être planifié dans la gestion de trésorerie des contribuables concernés.
Règles spécifiques pour les transferts de domicile fiscal
- Les contribuables qui transfèrent leur domicile hors de France : la CDHR est due sur les revenus jusqu'à la date du départ
- Les contribuables qui transfèrent leur domicile en France : la CDHR est due sur les revenus à compter de l'établissement en France
Le conseil Cerfrance : Si vous avez réalisé des revenus exceptionnels en 2025 (cession d'actifs, plus-value, transmission…), vérifiez avec votre conseiller Cerfrance si vous entrez dans le champ de la CDHR. La règle du quart pour les revenus exceptionnels peut significativement modifier le calcul. Une planification fiscale dès le début de l'année évite les mauvaises surprises de décembre.
Nouveau statut du bailleur privé et amortissement en revenus fonciers
Rappel : le cadre des revenus fonciers
Les revenus fonciers peuvent être déclarés au réel (déclaration n° 2044), ce qui permet aux propriétaires bailleurs de déduire les charges, travaux et intérêts d’emprunt. La loi de finances 2026 introduit un nouveau régime d’amortissements pour certains logements collectifs, afin de favoriser l’investissement locatif tout en contribuant à la création de logements accessibles.
Qui est concerné ?
Ce dispositif s’adresse aux titulaire de revenus fonciers imposés au réel qui investissent dans des logements éligibles situés en France.
Biens éligibles
Les logements doivent remplir plusieurs conditions :
- Habitat collectif d’au moins 3 appartements, loué en résidence principale ;
- Logements neufs ou en état futur d’achèvement ;
- Logements construits par le contribuable dans un bâtiment collectif ;
- Logements anciens avec travaux concourant à la production d’un immeuble neuf ou représentant au moins 30 % du prix d’acquisition ;
- Location à une personne autre qu’un membre du foyer fiscal.
Conditions de l’amortissement
- Engagement de louer le logement nu pendant 9 ans ;
- Mise en location dans les 12 mois suivant l’achèvement ou l’acquisition (durée prorogeable) ;
- Location nue, résidence principale, avec loyer plafonné et conditions de ressources du locataire (dispositif « louer abordable », art. 199 tricies) ;
- Interdiction de louer à ses ascendants ou descendants jusqu’au 2ᵉ degré.
Modalités de l’amortissement
Base d’amortissement : prix d’acquisition 20 % (représentatif du foncier).
Point de départ : premier jour du mois d’achèvement de l’immeuble ou de l’acquisition si postérieure.
| Taux amortissement | Logements acquis neufs ou en l’état futur d’achèvement | Autres Logements | Plafond annuel |
Normal | 3,5 % | 3% | 8 000 € |
Si location sociale | 4,5 % | 3,5 % | 10 000 € |
Si location très sociale | 5,5 % | 4 % | 12 000 € |
L’option doit être exercée lors du dépôt de la déclaration de revenus de l’année d’achèvement ou d’acquisition. L’engagement de location doit être effectif et continu, et l’option est irrévocable pour le logement concerné.
Particularités pour les logements anciens
Pour les logements anciens, le mécanisme est éligible si :
- Les travaux concourent à la production d’un immeuble neuf ou représentent au moins 30 % du prix d’acquisition (réhabilitation lourde) ;
- Base d’amortissement : prix acquisition + montant des travaux 20 % du foncier ;
- Taux d’amortissement selon la colonne « Autres logements » du tableau ci-dessus.
À retenir
- Le statut du bailleur privé devient un nouveau pilier de l’investissement locatif après le Pinel.
- L’amortissement permet de réduire durablement la fiscalité des revenus fonciers tout en favorisant l’accès au logement.
- Une évaluation préalable avec un conseiller est recommandée pour mesurer l’intérêt du dispositif selon votre situation fiscale et patrimoniale.
Dispositif complémentaire : rénovation énergétique
Pour accélérer la rénovation énergétique, le plafond d’imputation du déficit foncier sur le revenu global est doublé à 21 400 € pour certains travaux.
- Initialement prévu pour les travaux payés entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025, il est prorogé pour les dépenses payées entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2027.
Le conseil Cerfrance : Avant de vous lancer dans ce type d’investissement, évaluez précisément l’intérêt fiscal et patrimonial du dispositif avec votre conseiller Cerfrance. Le choix du bien, le montant des travaux et le respect des conditions de location sont essentiels pour optimiser la réduction d’impôt et éviter les mauvaises surprises.
Doublement du déficit foncier pour travaux énergétiques : prolongé jusqu'au 31 décembre 2027
Un avantage fiscal prolongé pour les propriétaires bailleurs
La loi de finances 2026 proroge jusqu'au 31 décembre 2027 le dispositif de doublement du déficit foncier imputable sur le revenu global, pour les propriétaires réalisant des travaux de rénovation énergétique dans leurs biens locatifs. Initialement prévu pour les travaux payés entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025, ce mécanisme continue donc à s'appliquer pour les dépenses engagées de 2026 à 2027.
Le mécanisme en pratique
En règle générale, les déficits fonciers (charges supérieures aux loyers perçus) sont déductibles du revenu global dans la limite de 10 700 € par an. Grâce à ce dispositif, ce plafond est porté à 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique éligibles payés entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2027. L'excédent reste reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.
Quels travaux sont concernés ?
Ce dispositif vise les dépenses de rénovation énergétique réalisées dans des logements locatifs : isolation thermique, remplacement ou amélioration du système de chauffage, travaux améliorant la performance énergétique globale du bien. C'est une opportunité concrète pour rénover son parc immobilier tout en réduisant significativement sa fiscalité.
Le conseil Cerfrance : Si vous envisagez des travaux d'isolation, de chauffage ou d'amélioration thermique dans vos biens locatifs, planifiez leur réalisation avant fin 2027 pour maximiser l'avantage fiscal. Notre équipe peut vérifier l'éligibilité des travaux et simuler l'impact concret sur votre impôt.
En résumé
La loi de finances 2026 apporte des ajustements substantiels à la fiscalité des particuliers. Entre la revalorisation automatique du barème, la hausse des prélèvements sociaux sur certains revenus du patrimoine, les nouvelles opportunités offertes par le statut du bailleur privé ou la prolongation du doublement du déficit foncier, chaque situation mérite une analyse personnalisée.
Pour anticiper l'impact de ces mesures sur votre situation et optimiser votre fiscalité, contactez votre conseiller Cerfrance. Une planification anticipée est toujours plus efficace qu'une réaction de dernière minute.