Accéder au contenu principal
Pour tout savoir sur la facture électronique, c'est par ici

Loi de finances 2026 : les mesures sociales à connaitre

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026) et la loi de finances pour 2026 introduisent trois évolutions majeures en matière sociale : une refonte en profondeur de l'ACRE (Aide à la création et reprise d'entreprise) avec un recentrage des bénéficiaires et une réduction significative de l'exonération, une échéance incontournable pour les conjoints collaborateurs qui doivent choisir un nouveau statut avant le 1er janvier 2027, et une refonte complète du régime du cumul emploi retraite applicable aux retraites liquides a compter du 1er janvier 2027. Tour d'horizon complet de ces trois mesures a anticiper. 

Reforme de l'ACRE : recentrage des bénéficiaires et réduction de l'exonération

Qu'est-ce que l'ACRE ?

L'Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprises (ACRE) est un dispositif d'exonération de cotisations sociales accorde à la personne qui crée ou reprend une activité professionnelle en tant qu'indépendant, non-salarié agricole ou dirigeant d'une société dont elle assure le contrôle effectif. Elle couvre les cotisations maladie, maternité, vieillesse, invalidité, décès et allocations familiales pendant 12 mois. 

Les 4 changements majeurs au 1er janvier 2026

1. Recentrage des bénéficiaires : l'ACRE n'est plus accessible a tous les travailleurs indépendants. Elle est désormais réservée à trois catégories : les personnes en situation de vulnérabilité (demandeurs d'emploi, bénéficiaires de minima sociaux, jeunes sans droits…), les créateurs en zone ZFRR ou ZFRR+, et les conjoints collaborateurs de TI bénéficiant eux-mêmes de l'ACRE. 

2. Reduction significative de l'exonération : l'exonération passe de 100 % a 25 % maximum pour les revenus inferieurs a 75 % du PASS (soit 36 045 euros en 2026). Cette réduction massive est l'un des changements les plus impactant pour les nouveaux créateurs. 

3. Généralisation de la demande préalable : a partir du 1er janvier 2026, il faut systématiquement en faire la demande auprès de l'Urssaf (ou de la MSA pour les non-salariés agricoles, dont le régime reste inchangé). L'ACRE n'est plus attribuée automatiquement. 

4. Exclusion des TI ordinaires : les travailleurs indépendants qui ne relèvent pas de l'une des trois catégories éligibles sont désormais exclus du dispositif, ainsi que les médecins et étudiants en médecine exerçant une activité libérale de remplacement à titre accessoire. 

Tableau comparatif avant / apres

CritereJusqu'au 31/12/2025A compter du 01/01/2026
Bénéficiaires Micro-sociaux appartenant a L5141-1 + TI hors micro-social + conjoints collaborateurs éligibles Catégorie L5141-1 (sans obligation micro) + créateurs en ZFRR/ZFRR+ + conjoints collaborateurs éligibles — TI ordinaires EXCLUS 
Exonération si revenu < 75 % du PASS (48 060 euros en 2026) 100 % des cotisations 25 % des cotisations (plafonnée)
Entre 75 % et 100 % du PASSDégressive jusqu'à 0 Dégressive jusqu'à 0 (inchangé)
Au-delà du PASS (48 060 euros)NulleNulle (inchangé)
Durée de l'exonération12 mois12 mois (inchangé)
Demande préalableNon requise dans tous les cas Obligatoire auprès de l'Urssaf (généralisation)
Exploitants agricoles (MSA)Régime antérieur applicableRégime antérieur MSA maintenu (inchangé) 

Bénéficiaires éligibles et exclus : tableau de synthèse

Peuvent bénéficier de l'ACRENe peuvent plus bénéficier de l'ACRE
Demandeurs d'emploi (indemnisé ou non), inscrits a France Travail 6 mois sur les 18 derniers moisTravailleurs indépendants ordinaires (ne relevant pas des 3 catégories)
Bénéficiaires ASS, RSA, PreParE ou CLCAMédecins et étudiants en médecine exerçant une activité libérale de remplacement a titre accessoire
Jeunes 18-25 ans et personnes handicapées < 30 ans sans droits au chômage 
Salaries/licencies d'une entreprise en procédure collective reprenant tout ou partie de l'entreprise 
Créateurs en quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) 
Créateurs/repreneurs en zone ZFRR ou ZFRR+ 
Conjoints collaborateurs de TI bénéficiant de l'ACRE (hors conjoints d'avocat en partage de revenu) 
Personnes ayant conclu un contrat d'appui au projet d'entreprise (Cape) 

Ce qui ne change pas

  • L'exonération est accordée pour une durée de 12 mois
  • Elle couvre les cotisations maladie, maternité, vieillesse, invalidité, décès et allocations familiales
  • Les exploitants agricoles relevant de la MSA continuent de bénéficier du régime antérieur de l'ACRE (régime inchangé)
  • Le mécanisme dégressif entre 75 % et 100 % du PASS reste identique 

Un exemple concret

Avant 2026 : un créateur d'entreprise individuelle classique, sans situation de vulnérabilité particulière, percevant 30 000 euros de revenus professionnels (< 75 % du PASS), bénéficiait d'une exonération totale de 100 % de ses cotisations sociales pendant 12 mois soit une aide potentielle de plusieurs milliers d'euros. 

A partir de 2026 : ce même créateur, s'il ne relève pas des catégories éligibles, ne bénéficie plus de l'ACRE. S'il relève d'une catégorie éligible, son exonération est limitée a 25 % des cotisations dues, une réduction de 75 % du bénéfice antérieur. 

Le conseil Cerfrance : Si vous envisagez de créer ou reprendre une entreprise en 2026, vérifiez en amont auprès de votre conseiller Cerfrance si vous relevez de l'une des catégories éligibles a la nouvelle ACRE. Si c'est le cas, pensez a déposer votre demande auprès de l'Urssaf sans attendre, l'ACRE ne sera plus accordée automatiquement. Si vous êtes exploitant agricole relevant de la MSA, votre situation est inchangée. 

Conjoint collaborateur : un choix de statut obligatoire avant le 1er janvier 2027

A retenir : échéance au 1er janvier 2027

Le statut de conjoint collaborateur est temporaire depuis le 1er janvier 2022. Sa durée est limitée a 5 ans maximum. Les conjoints qui n'auront pas change de statut au 1er janvier 2027 seront automatiquement bascules vers le statut de conjoint salarie.

Rappel du contexte : un statut temporaire depuis 2022

Depuis le 1er janvier 2022, le statut de conjoint collaborateur est limite dans le temps : il ne peut être maintenu que pendant 5 ans consécutifs. L'objectif du législateur est d'inciter les conjoints participant activement a l'entreprise ou a l'exploitation a choisir un statut offrant une protection sociale complète et des droits propres, notamment en matière de retraite.

La seule exception : si le conjoint est a moins de 5 ans de l'âge légal de la retraite au terme des 5 ans, il peut continuer a bénéficier du statut de conjoint collaborateur jusqu'à son départ effectif a la retraite.

L'échéance du 1er janvier 2027 : que se passe-t-il ?

Pour les conjoints collaborateurs affilies depuis le 1er janvier 2022, la période de 5 ans arrive a expiration au 1er janvier 2027. A cette date, trois options se présentent :

  • Devenir chef d'exploitation ou d'entreprise (co-exploitant)

  • Devenir conjoint salarie

  • Devenir conjoint associe (uniquement pour les structures sociétaires)

  • Rester conjoint collaborateur, uniquement si le conjoint est a moins de 5 ans de l'âge légal de la retraite

Attention : en l'absence de choix exprime avant la date échéance, le conjoint collaborateur sera automatiquement considère comme conjoint salarie. Ce basculement automatique peut avoir des conséquences financières importantes sur la trésorerie de l'exploitation (salaire minimum a verser, charges patronales…).

Tableau comparatif des statuts alternatifs

CritèreConjoint salarieConjoint associeCo-exploitant agricole (MSA)
Protection socialeComplete (assurance chômage incluse)Régime TNSIdentique au chef d'exploitation
Contrat de travailOui — salaire minimum obligatoireNonNon
Condition préalableAucuneDétenir des parts sociales (sociétés uniquement)Reconnaissance officielle a la MSA
Levier d'optimisationPEE, PERECO, intéressement, participation, PPV, titres repasDéduction des cotisations sociales du TNSMême régime fiscal et social que le CE
Couts supplémentaires pour l'exploitationSalaire brut + charges patronales (impact trésorerie important)Cotisations sociales TNSCotisations MSA identiques au CE

Le statut de conjoint salarie : un levier d'optimisation sous-estime

Au-delà de la contrainte, le statut de conjoint salarie peut devenir un véritable outil d'optimisation pour l'entreprise. Des lors que le conjoint a ce statut, l'employeur (le chef d'entreprise) peut mettre en place des dispositifs de rémunération périphérique exonérés de charges, ouverts uniquement aux salaries :

•        Plan d'Epargne Entreprise (PEE) et PERECO

•        Intéressement et participation

•        Prime de Partage de la Valeur (PPV)

•        Tickets restaurants, CESU, chèques vacances et chèques culture

•        Remboursement de frais de transport et forfait mobilité durable

Le conjoint devient chef d'exploitation : une opportunité pour le secteur agricole

Pour les conjoints collaborateurs dans le secteur agricole, le passage au statut de chef d'exploitation ouvre droit a une exonération dégressive spécifique des cotisations MSA, comparable aux aides a l'installation des jeunes agriculteurs. Ce dispositif entrera en vigueur le 1er janvier 2027.

Conditions : avoir été affilie comme conjoint collaborateur pendant au moins 5 ans et s'engager a exercer l'activité a titre principal ou exclusif sous le statut de chef d'exploitation pendant au moins 5 ans. L'âge n'est pas un critère : un conjoint de plus de 40 ans peut en bénéficier.

Année d'installationTaux d'exonérationCumul possible
1ere année65 %Cumulable avec la réduction des taux de cotisations maladie et allocation familiale (JA)
2eme année55 % 
3eme année35 % 
4eme année25 % 
5eme année15 % 

Les démarches a effectuer avant le 1er janvier 2027

  • Evaluer sa situation actuelle : cout du statut de conjoint collaborateur, droits a la retraite acquis, protection sociale 
  • Consulter la CARSAT ou la MSA pour obtenir son relevé de carrière et évaluer l'impact sur la retraite 
  • Faire réaliser une étude d'impact par votre conseiller Cerfrance 
  • Choisir et déclarer le nouveau statut avant l'échéance 

Le conseil Cerfrance : Le 1er janvier 2027 est une échéance incontournable pour tous les conjoints collaborateurs. Ne laissez pas le choix se faire par défaut (basculement automatique vers le salariat) si d'autres options vous seraient plus avantageuses. Chaque situation est différente : droits retraite, protection sociale, cout pour l'exploitation, potentiel d'optimisation. Votre conseiller Cerfrance peut réaliser une étude comparative personnalisée pour vous aider a choisir le statut le plus adapte. 

Refonte du cumul emploi-retraite : un nouveau régime applicable aux retraites prises a partir du 1er janvier 2027

Le cumul emploi-retraite : de quoi parle-t-on ?

Le cumul emploi-retraite (CER) permet à un retraite de continuer a exercer une activité professionnelle tout en percevant sa pension. Selon les conditions remplies à la date de liquidation des droits, ce cumul était soit plafonne (la pension était réduite), soit intégral (cumul sans limite). La LFSS 2026 refond entièrement ce dispositif pour les pensions liquidées a compter du 1er janvier 2027.

L'ancien dispositif (retraites prises jusqu'au 31/12/2026)

CritèreCER plafonne (ancien)CER intégral (ancien)Jusqu'au
ConditionsAucune des cond. du CER intégral réuniesAge légal + liquidation totale + taux plein31/12/2026
Plafonnement pensionMoy. 3 derniers salaires ou 160 % SMIC (salaries) / 50 % PASS (TNS)Aucun plafond 
Seconde pensionNon (cotisations non créatrices de droits)Oui (sous conditions) 

Le nouveau dispositif (retraites prises a partir du 01/01/2027)

La LFSS 2026 remplace les deux régimes anciens par une nouvelle architecture à deux niveaux bases sur l'âge de l'assuré à la date de liquidation de sa pension :

CritèreCER partiel (plafonn.)CER libre (intégral)A partir du
Age de l'assureEntre âge légal (62-64 ans) et 67 ans ou départ anticipe (< âge légal)A partir de 67 ans01/01/2027
ConditionsLiquidation totale de toutes les pensions (base + complémentaires)Aucune 
Plafonnement pensionEcrêtée a 50 % des revenus > seuil de 7 000 euros/an (seuil envisage)Aucun plafond, cumul libre 
Seconde pensionNon (cotisations non créatrices de droits)Oui 

Schéma simplifie du nouveau cumul emploi-retraite

Date départ retraiteRevenu prof. > 7 000 EUR/anRevenu prof. < 7 000 EUR/an67 ans et plus
Quel que soit l'âge (entre âge légal et 67 ans)Retraite réduite : (Retraite - 7000) x 50 %Pas de réduction — retraite pleineCumul intégral sans plafond

Le mécanisme d'écrêtement en détail

Pour les assures partant entre l'âge légal (62-64 ans selon la génération) et 67 ans, la pension n'est pas suspendue mais écrêtée : si le revenu professionnel dépassé le seuil de 7 000 euros par an (seuil envisage par décret), la pension est réduite de 50 % de la fraction du revenu qui dépasse ce seuil.

Exemple : un assure perçoit une pension de 1 500 euros/mois (18 000 euros/an) et reprend une activité générant 15 000 euros/an de revenus. L'écrêtement = (15 000 - 7 000) x 50 % = 4 000 euros/an. Sa pension annuelle effective sera de 18 000 - 4 000 = 14 000 euros/an, soit environ 1 167 euros/mois.

La condition de liquidation totale de toutes les pensions

Pour bénéficier du cumul emploi-retraite partiel (entre l'âge légal et 67 ans), l'assure doit avoir liquide l'ensemble de ses pensions de retraite obligatoires de base et complémentaires. Cette condition était déjà exigée pour le cumul intégral dans l'ancien régime. Elle s'étend désormais au cumul partiel, ce qui signifie qu'il n'est plus possible de reprendre une activité entre la liquidation de la retraite de base et celle de la retraite complémentaire en bénéficiant du CER partiel.

Cas particuliers : agriculteurs et travailleurs non-salariés

  • Salaries : la condition de rupture totale du lien avec l'employeur reste exigée pour liquider la retraite et entrer dans le dispositif CER 
  • Agriculteurs (MSA) : la cessation définitive de l'activité reste la condition de liquidation, a l'exception d'une parcelle de subsistance 
  • Travailleurs non-salariés non agricoles (TNSNA) : les modalités de cessation d'activité exigées restent à préciser par décret 
  • Présidents de SAS agricole ou gérants de SARL agricole affilies comme salaries : l'affiliation salariée peut entrainer la suspension de la retraite si les conditions ne sont pas réunies 

Le droit a une seconde pension pour le cumul libre (67 ans et plus)

Les assures de 67 ans et plus qui exercent une activité dans le cadre du cumul libre acquièrent des droits supplémentaires à la retraite grâce aux cotisations versées pendant cette période d'activité. Ce droit a une seconde pension, déjà existant dans l'ancien cumul intégral, est maintenu dans le nouveau régime de cumul libre.

Le conseil Cerfrance : Si vous approchez de l'âge de la retraite et envisagez de continuer à exercer une activité professionnelle, anticipez les implications du nouveau régime. L'âge de liquidation, le niveau de vos revenus d'activité et votre situation familiale déterminent si vous serez en cumul partiel ou libre. Votre conseiller Cerfrance peut réaliser une simulation personnalisée pour optimiser votre stratégie de départ a la retraite, notamment pour déterminer si une liquidation avant ou après le 1er janvier 2027 est plus avantageuse selon votre situation. 

En résume

Les trois mesures sociales de la LFSS 2026 ont en commun de générer des décisions urgentes et irréversibles : la reforme de l'ACRE impose de vérifier son éligibilité avant toute création d'entreprise ; l'échéance du 1er janvier 2027 pour le conjoint collaborateur exige un diagnostic et un choix de statut avant la fin de l'année 2026 ; et la refonte du cumul emploi-retraite change les règles du jeu pour tous ceux qui envisagent de liquider leur retraite après le 1er janvier 2027. 

Ces contenus peuvent vous intéresser

passeport prevention

Passeport de prévention : une nouvelle étape pour les employeurs dès le 16 mars 2026

La gestion des formations en santé et sécurité au travail évolue. Depuis le 16 mars 2026, les employeurs ont accès à un nouvel outil : le passeport de prévention.Ce...
En savoir plus
Apprentissage

Apprentissage 2026 : une aide maintenue, mais désormais modulée

Bonne nouvelle pour les employeurs : l’aide à l’embauche d’apprentis est reconduite en 2026. Ce dispositif reste un levier intéressant pour recruter, former et...
En savoir plus
rupture conventionnelle

Rupture conventionnelle : vers un nouveau régime d’indemnisation en 2026

La rupture conventionnelle reste aujourd’hui un mode de séparation très utilisé entre employeur et salarié. Elle permet notamment au salarié de bénéficier de l’assurance...
En savoir plus
CDD de reconversion

CDD de reconversion : un nouveau levier pour sécuriser les parcours

Face aux difficultés de recrutement et à l’allongement des carrières, de nouvelles solutions émergent pour faire évoluer les compétences sans rompre le lien d’emploi....
En savoir plus