Loi de finances 2026 : Ce qui change pour les entreprises
La loi de finances 2026, apporte plusieurs évolutions importantes qui concernent directement la fiscalité, les dispositifs d’aide et certains aspects administratifs pour les entreprises. En tant que chef d’entreprise, il est essentiel d’en comprendre les impacts pour anticiper vos choix comptables, financiers et stratégiques pour l’année à venir.
Publié le 26.03.2026
Régimes micro : de nouveaux plafonds pour 2026–2028
La loi de finances 2026 actualise les plafonds des régimes micro-BIC et micro-BNC applicables de 2026 à 2028. Découvrez les nouveaux seuils et leur impact sur votre entreprise.
Le chiffre à retenir avant tout : vos seuils ont changé
Le régime micro permet aux petites entreprises de bénéficier d'une comptabilité simplifiée et d'un abattement forfaitaire sur leurs recettes. Mais pour en profiter, il faut rester sous certains plafonds de chiffre d'affaires. La loi de finances 2026 les a révisés pour la période 2026 à 2028.
| Régime | Seuil |
| Micro-BIC – Ventes de marchandises | 203 100 € |
| Micro-BIC – Prestations de services | 83 600 € |
| Micro-BNC | 83 600 € |
Ces seuils s'appliquent désormais pour trois années consécutives, ce qui apporte de la stabilité et de la lisibilité dans la gestion de votre activité.
Le conseil Cerfrance
Avant de vous engager dans un développement commercial, vérifiez où vous en êtes par rapport à ces plafonds. Un dépassement, même partiel, peut entraîner un basculement vers le régime réel, avec des obligations comptables et fiscales plus lourdes. Anticipez ce seuil dès maintenant avec votre conseiller Cerfrance pour éviter les mauvaises surprises en cours d'année.
CVAE (Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) : suppression progressive maintenue
Malgré les débats parlementaires, la loi de finances 2026 confirme la suppression progressive de la CVAE jusqu'en 2030. Quel calendrier ? Quels taux ? On vous explique.
La taxe sur la valeur ajoutée des entreprises : le marathon continue
La Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) est une taxe qui s'applique aux entreprises réalisant plus de 500 000 € de chiffre d'affaires. Depuis 2023, le législateur cherche à la supprimer progressivement — mais le chemin est sinueux.
Voici l'historique de ce feuilleton :
- LF 2023 : réduction de 50 % de la CVAE, puis suppression annoncée en 2024
- LF 2024 : la suppression est étalée de 2024 à 2027
- LF 2025 : nouveau report, suppression repoussée à 2030
- LF 2026 : le Sénat avait voté pour une suppression au 1er janvier 2028 — mais cet amendement n'a pas été retenu dans le texte final. La trajectoire progressive jusqu'en 2030 est donc maintenue.
Le calendrier des taux applicables :
| CA HT | Taux 2026 | Taux 2028 | Taux 2029 |
| < 500 k€ | 0 % | 0 % | 0 % |
| De 500 k€ à 3 M€ | Dégressif (max 0,094 %) | 0,063 % | 0,031 % |
| De 3 à 50 M€ | Dégressif (jusqu'à 0,28 %) | Dégressif (jusqu'à 0,19 %) | Dégressif (jusqu'à 0,09 %) |
| > 50 M€ | 0,28 % | 0,19 % | 0,09 % |
Le conseil Cerfrance
Si votre chiffre d'affaires dépasse 500 000 €, vous restez redevable de la CVAE en 2026. Ne l'ignorez pas dans votre budget prévisionnel. Votre conseiller Cerfrance peut vous aider à en calculer le montant et à anticiper son évolution jusqu'à sa disparition programmée.
Entreprise Individuelle (EI) à l' impôt sur les sociétés (IS) : un nouveau régime fiscal optionnel
La loi de finances 2026 crée un régime fiscal sur option pour les entrepreneurs individuels souhaitant passer à l'impôt sur les sociétés, sans imposition immédiate des plus-values.
Passer de l'IR à l'IS sans se faire taxer dès le départ
Jusqu'ici, lorsqu'un entrepreneur individuel (EI) optait pour l'assimilation à une société (EURL ou EARL), cela entraînait automatiquement une cessation fiscale, avec imposition immédiate de toutes les plus-values latentes. Cela représentait un frein majeur à cette évolution.
La LF 2026 change la donne avec la création de deux nouveaux articles du Code général des impôts (articles 151 octies D et 210 E bis) :
Ce que permet le nouveau régime :
- Sur les plus-values d'immobilisations non amortissables (terres, fonds de commerce…) : l'imposition est reportée jusqu'à la cession ultérieure par la société. Pas de taxe au moment de la transition.
- Sur les plus-values d'immobilisations amortissables (matériel, bâtiments…) : imposition au niveau de la société, avec possibilité d'opter pour le taux global des plus-values à long terme.
- Stocks : transférés à leur valeur comptable, sans imposition immédiate.
- Provisions : maintenues si elles conservent leur objet.
Ce régime s'applique à compter du 1er janvier 2026, et couvre également le cas d'un apport d'une EI déjà à l'IS vers une société à l'IS.
Le conseil Cerfrance
Cette mesure est une véritable opportunité pour les entrepreneurs individuels qui hésitaient à évoluer vers une structure sociétaire par peur de la fiscalité. Mais le dispositif est complexe et très encadré (délais d'option, états de suivi, engagements…). Avant toute décision, faites réaliser une étude personnalisée avec votre expert-comptable Cerfrance pour mesurer l'intérêt réel selon votre situation.
ZFRR (Zone France Ruralité Revitalisation) : prolongation et ajustements
Le dispositif d'exonération fiscale lié aux Zones France Ruralités Revitalisation est prolongé jusqu'au 31 décembre 2029. Ce qui change et ce que ça signifie pour votre entreprise.
Le soutien fiscal aux zones rurales se prolonge
Les Zones France Ruralités Revitalisation (ZFRR) permettent aux entreprises qui s'y créent ou s'y implantent de bénéficier d'exonérations fiscales (impôt sur les bénéfices pendant plusieurs années, sous conditions). Ce zonage a succédé aux anciennes Zones de Revitalisation Rurale (ZRR).
La LF 2026 apporte plusieurs ajustements importants :
1. Prolongation jusqu'au 31 décembre 2029 Le régime fiscal était menacé d'expiration prochaine. Il est désormais sécurisé jusqu'à fin 2029.
2. Continuité pour les entreprises passées de ZRR en ZFRR Les entreprises qui bénéficiaient du régime ZRR (art. 44 quindecies) et dont la commune a été intégrée dans la ZFRR continuent de bénéficier de leur exonération jusqu'au terme de leur période initiale.
3. Extension aux activités non sédentaires Jusqu'ici, certaines règles ne s'appliquaient qu'aux entreprises ayant une activité exercée uniquement dans la zone. Désormais, les entreprises avec une activité non sédentaire (une partie du CA réalisée hors zone) peuvent aussi bénéficier du dispositif, sous réserve que le chiffre d'affaires réalisé hors zone ne dépasse pas 25 %.
Le conseil Cerfrance
Vous ne savez pas si votre commune est classée ZFRR ou ZFRR+ ? Vous ne connaissez pas vos droits à l'exonération ? Contactez votre conseiller Cerfrance : nous pouvons vérifier votre éligibilité, calculer le bénéfice potentiel et vous accompagner dans les démarches.
Amortissement exceptionnel lié à l'acquisition d'un véhicule neuf électrique ou hydrogène
La Loi de Finances 2026 renforce le suramortissement pour les véhicules utilitaires neufs électriques ou hydrogène achetés par les entreprises. Un avantage fiscal à ne pas négliger.
Investir dans un véhicule propre coûte moins cher sur le plan fiscal
Les entreprises soumises à l'IR (régime réel) ou à l'IS peuvent bénéficier depuis 2025 d'un amortissement exceptionnel sur les coûts supplémentaires liés à l'achat de véhicules neufs fonctionnant exclusivement à l'électricité ou à l'hydrogène.
La LF 2026 renforce ce dispositif à compter du 21 février 2026.
Comment ça fonctionne ? La déduction porte non pas sur la valeur totale du véhicule, mais sur la différence de prix entre le véhicule électrique/hydrogène et son équivalent thermique. C'est ce qu'on appelle le "coût supplémentaire" ou suramortissement.
Conditions à respecter :
- Le véhicule doit être acquis neuf (entre le 1er janvier 2025 et le 31 décembre 2030)
- Son PTAC (poids total autorisé en charge) doit être supérieur à 2,6 tonnes
- Il doit être affecté à l'activité professionnelle
Les taux de déduction varient de 20 % à 115 % selon le poids du véhicule et le mode de financement (achat ou leasing). Ce dispositif s'applique à l'achat et au leasing, mais pas à la location longue durée (LDD).
Exemple concret : Laurent achète un utilitaire électrique à 40 000 €, contre 25 000 € pour la version diesel équivalente. Il pourra déduire :
- 40 000 € d'amortissement ordinaire sur 5 à 7 ans
- + 6 000 € de suramortissement exceptionnel (40 % × 15 000 € de surcoût)
Le conseil Cerfrance
Si vous envisagez le renouvellement d'un véhicule utilitaire, ce dispositif peut significativement alléger votre fiscalité. Attention cependant : seuls les véhicules de plus de 2,6 tonnes de PTAC sont concernés, pas les voitures de tourisme ni les petits utilitaires. Consultez votre conseiller Cerfrance pour vérifier l'éligibilité de votre projet et optimiser le plan d'amortissement.
Les gîtes ruraux ont enfin leur définition légale
La Loi de Finances 2026 donne une définition officielle aux gîtes ruraux dans le code du tourisme, avec des conséquences sur la taxe d'habitation et le régime fiscal des meublés de tourisme.
Les gîtes ruraux ont enfin leur définition légale
Jusqu'à présent, la notion de "gîte rural" n'avait pas de définition précise dans la loi française. La LF 2026 comble ce vide en inscrivant une définition dans le code du tourisme (article L. 324-6), avec des conséquences fiscales concrètes.
Pour être reconnu comme gîte rural, un bien doit réunir cumulativement :
- Être classé meublé de tourisme au sens légal
- Respecter des signes de qualité officiels reconnus par l'État, avec contrôles réguliers
- Être une maison indépendante ou un appartement dans un immeuble de 4 logements au plus
- Ne pas être situé sur le territoire d'une métropole (agglomération de plus de 400 000 habitants dans une aire urbaine de plus de 650 000 habitants)
⚠️ Conséquence fiscale directe : Les gîtes ruraux ainsi définis sont exclus de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires. Cette exonération s'applique de plein droit, contrairement aux autres meublés de tourisme situés en ZFRR, pour lesquels l'exonération reste soumise à une délibération communale.
À noter : Les seuils du régime micro-BIC pour les chambres d'hôtes restent inchangés à 77 700 € (abattement de 50 %). Le rattachement des chambres d'hôtes au "grand seuil" n'a pas été retenu dans le texte final.
Le conseil Cerfrance
Si vous louez un gîte en milieu rural, vérifiez si votre bien entre dans cette nouvelle définition, et notamment si vous disposez bien des labels de qualité requis. L'enjeu peut être une économie réelle sur la taxe d'habitation. Notre équipe peut vous accompagner dans cette démarche de qualification et de vérification de votre situation.
Taxe IFER : une majoration temporaire pour les centrales photovoltaïques anciennes
La Loi de Finances 2026 majore temporairement la taxe IFER (les impositions forfaitaires sur les entreprises de réseaux) pour les centrales photovoltaïques de plus de 100 kWc mises en service avant le 1er janvier 2021. Ce que les exploitants agricoles doivent savoir.
Vos panneaux solaires d'avant 2021 sont peut-être concernés
L'Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux (IFER) est une taxe qui touche certains opérateurs d'infrastructures énergétiques. La Loi de Finances 2026 en modifie temporairement le montant pour une catégorie spécifique : les centrales de production photovoltaïque d'une puissance supérieure à 100 kWc, mises en service au plus tard le 1er janvier 2021.
Pourquoi cette cible ? Ces installations anciennes bénéficient généralement de contrats d'achat garantis à des tarifs élevés (obligation d'achat ou complément de rémunération). Leur rentabilité étant jugée très favorable, le législateur a décidé d'y appliquer une majoration temporaire de l'IFER.
Ce qu'il faut savoir :
- La taxe s'applique par entité exploitante, même si la centrale est répartie sur plusieurs établissements, plusieurs points de livraison, ou fait l'objet de plusieurs contrats de raccordement.
- Les centrales mises en service après le 1er janvier 2021 ne sont pas concernées par cette majoration.
- En cas de mélange (une centrale ancienne + plusieurs nouvelles), la règle de calcul distingue les deux catégories.
Le conseil Cerfrance
Si vous exploitez une centrale photovoltaïque de plus de 100 kWc installée avant 2021, cette mesure vous concerne directement. Contactez votre conseiller Cerfrance pour évaluer l'impact sur votre imposition et anticiper ce surcoût dans votre gestion.
Faites-vous accompagner sur les enjeux liés à l'énergie
Les enjeux liés à l’énergie ne sont plus seulement techniques : ils sont désormais fiscaux, économiques et stratégiques.
Chez Cerfrance Gascogne Occitane, nous vous accompagnons dans :
- l’analyse de rentabilité de vos installations
- l’optimisation de votre fiscalité énergétique
- vos projets en énergies renouvelables