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PPV : fin d’un avantage fiscal en 2027, et si c’était le moment de passer à l’intéressement ?
La prime de partage de la valeur a longtemps été un levier simple et avantageux pour les petites entreprises, mais son régime fiscal va changer à partir de 2027. Dans ce contexte, l’intéressement s’impose de plus en plus comme une solution durable pour associer les salariés aux performances de l’entreprise et construire une politique de partage de la valeur plus structurée.
Publié le 10.07.2026
Pendant plusieurs années, la prime de partage de la valeur, ou PPV, s’est imposée comme un outil simple et attractif pour récompenser les salariés. Dans les petites entreprises, elle a notamment séduit par son régime social et fiscal avantageux. Mais ce cadre favorable touche à sa fin : à partir du 1er janvier 2027, la PPV perdra une grande partie de son intérêt fiscal pour les entreprises de moins de 50 salariés.
Dans ce contexte, l’intéressement revient au premier plan. Plus structurant, plus durable et souvent plus performant sur le plan social, il peut devenir une alternative pertinente pour les TPE qui veulent faire du partage de la valeur un vrai levier d’engagement.
La PPV, un dispositif bientôt moins avantageux
Jusqu’au 31 décembre 2026, les entreprises de moins de 50 salariés peuvent encore bénéficier d’un régime renforcé pour la PPV, sous réserve que les salariés concernés perçoivent une rémunération inférieure à trois fois le SMIC. Dans ce cas, la prime peut rester exonérée de cotisations sociales, de CSG-CRDS et d’impôt sur le revenu, sous conditions.
À compter du 1er janvier 2027, ce régime prendra fin pour ces entreprises. La PPV restera exonérée de cotisations sociales dans les limites prévues par la loi, mais elle sera désormais soumise à la CSG-CRDS et à l’impôt sur le revenu, comme c’est déjà le cas dans les entreprises de 50 salariés et plus. En pratique, son attractivité fiscale va donc nettement diminuer.
Pourquoi l’intéressement devient une vraie option
L’intéressement fonctionne sur une logique différente : il associe les salariés aux résultats ou aux performances de l’entreprise. Là où la PPV répond à un besoin ponctuel, l’intéressement s’inscrit dans une démarche plus durable de partage de la valeur.
Il présente plusieurs atouts pour les TPE :
- Il motive les équipes en les reliant à des objectifs collectifs.
- Il renforce la fidélisation des salariés en donnant du sens à la rémunération.
- Il peut offrir un cadre fiscal avantageux pour les salariés lorsque les sommes sont placées sur un plan d’épargne salariale.
- Il permet de construire une politique de rémunération plus cohérente dans le temps.
L’intéressement est aussi perçu comme un outil plus stratégique, car il permet à l’entreprise de partager sa performance sans verser une prime systématique.
PPV ou intéressement : faut-il choisir ?
La réponse est non, pas forcément. La PPV conserve un intérêt réel pour verser rapidement une prime exceptionnelle, sans dispositif lourd à mettre en place. Elle reste pertinente lorsqu’une entreprise veut récompenser un effort particulier ou répondre à une situation ponctuelle.
L’intéressement, de son côté, est plus adapté à une logique de long terme. Il repose sur un accord, une organisation plus cadrée et des critères de performance définis à l’avance. C’est ce qui en fait un outil plus structurant pour installer durablement le partage de la valeur dans l’entreprise.
Dans de nombreuses TPE, la meilleure approche pourrait être de combiner les deux dispositifs : un accord d’intéressement comme base de la politique de rémunération variable, complété si besoin par une PPV lorsqu’une situation exceptionnelle le justifie.
Le bon moment pour anticiper
La fin du régime fiscal renforcé de la PPV en 2027 change clairement la donne pour les petites entreprises. Les dirigeants qui n’ont jamais mis en place d’intéressement ont tout intérêt à réfléchir dès maintenant à la solution la plus adaptée à leur organisation et à leurs objectifs.
Anticiper permet de prendre le temps de comparer les dispositifs, de sécuriser les règles de mise en place et de construire une politique de rémunération plus lisible pour les salariés. Dans un contexte où l’attractivité et la fidélisation deviennent des enjeux majeurs, l’intéressement peut devenir un vrai levier de performance.