PREVENTION & SECURITE
DUERP secteur du btp : raisonner par situations de chantier
Le DUERP de l’entreprise évalue les risques liés à ses activités et à son organisation. Il ne doit pas être confondu avec les documents de prévention propres à certaines opérations de chantier, notamment le PPSPS lorsqu’il est requis. Artisan avec un seul salarié ou entreprise structurée : l’obligation existe dès le premier salarié.
Ce qu’il faut retenir
- Le DUERP est obligatoire dès le premier stagiaire (règles communes : voir la page pilier).
- Il s’appuie sur les situations réelles de chantier, pas sur un modèle générique.
- Il est distinct du PPSPS, lié à certaines opérations.
- Mise à jour annuelle à partir de 11 salariés ; sinon, dès qu’un changement important ou une information nouvelle sur un risque le justifie.
- Depuis le 27 juin 2026, l’absence de DUERP peut entraîner un avertissement ou une amende administrative jusqu’à 4 000 € par travailleur concerné, à titre alternatif à la sanction pénale.
Pourquoi le DUERP est-il particulièrement important dans le BTP ?
Un chantier cumule des expositions : travail en hauteur, outillage et engins, manutention, poussières, bruit, intempéries et présence simultanée de plusieurs entreprises. Ces conditions changent d’un chantier à l’autre : le DUERP doit donc partir des tâches réellement réalisées.
DUERP et PPSPS : deux documents différents à ne pas confondre
Le DUERP concerne l’évaluation globale des risques de l’entreprise. Le PPSPS est un document lié à certaines opérations de bâtiment ou de génie civil soumises à coordination SPS. L’un ne remplace pas l’autre.
Identifier les situations de travail à risque sur un chantier
Trame : situation de travail → danger → risque → salariés exposés → mesures de prévention.
Exemples d’unités de travail, donnés comme repères et non comme DUERP prêt à l’emploi : gros œuvre, second œuvre et finitions, conduite d’engins, atelier et dépôt, équipes mobiles en intervention chez les clients, encadrement de chantier.
Travail en hauteur : le risque de chute
Danger / risque : Chute de hauteur (toitures, échafaudages, nacelles, trémies, façades).
Personnes exposées : Couvreurs, façadiers, tous corps de métier intervenant en élévation.
Pistes de prévention : Priorité à l’organisation et aux protections collectives (garde-corps, échafaudages conformes), puis aux équipements individuels ; vérifier conformité, montage, accès et compétences nécessaires.
Outillage et engins de chantier : coupure, écrasement, projection
Danger / risque : Coupure, écrasement, projection, heurt.
Personnes exposées : Opérateurs d’engins, ouvriers utilisant l’outillage.
Pistes de prévention : Choix du matériel, maintenance, vérifications, formations et autorisations adaptées, zones de circulation dédiées.
Manutention manuelle et mécanique : TMS et écrasement
Danger / risque : Troubles musculosquelettiques, écrasement, chute d’objets.
Personnes exposées : Ouvriers de manutention, tous corps de métier.
Pistes de prévention : Aides mécaniques, organisation des flux, limitation des ports manuels, stockage et gestes adaptés.
Coactivité : un risque organisationnel propre au chantier
Danger / risque : Collision, chutes d’objets, interférences entre entreprises et entre postes.
Personnes exposées : Ensemble des intervenants sur le chantier.
Pistes de prévention : Coordination, phasage des tâches, plan de circulation, échange d’informations, documents de prévention adaptés à l’opération.
Poussières, bruit et vibrations : l’environnement de chantier
Danger / risque : Exposition aux poussières (notamment silice et autres poussières selon l’activité), au bruit, aux vibrations.
Personnes exposées : Ouvriers exposés à la découpe, au perçage, aux engins vibrants.
Pistes de prévention : Captage ou réduction à la source, organisation du travail, protections adaptées, suivi.